J-03 vers mes 40 ans

Introduction

On romantise les grands gestes, les « happy endings », l’âme sœur qui devine tout et répare tout. On finit par confondre l’amour avec un plan de sauvetage. Dans la vraie vie, personne ne vient te sauver — et personne ne devrait. La maturité, c’est comprendre que la personne qui te relève, c’est toi.

Le mythe du sauveur (et pourquoi il nous rend malheureux)

  • On compare nos relations à des scénarios écrits et à des photos filtrées.

  • On attend que l’autre « sache » sans qu’on parle, « porte » sans qu’on s’explique, « répare » ce qu’il ne peut pas comprendre.

  • On place notre bonheur dans les mains de quelqu’un d’autre — déception assurée.

L’amour n’est pas une bouée. C’est une rencontre entre deux personnes responsables d’elles-mêmes.

Ce que l’amour n’est pas

  • Un diagnostic ni une thérapie.

  • Un raccourci pour éviter le travail intérieur.

  • Une délégation de tes limites, de tes besoins, de ton estime.

Ce que l’amour peut être

  • Un espace sûr pour se dire vrai.

  • Une coconstruction (on avance côte à côte, pas l’un à la place de l’autre).

  • Un miroir bienveillant qui aide à grandir, sans prendre le volant.

Comment cesser d’attendre un sauveur (plan en 5 étapes)

  1. Reprendre sa responsabilité émotionnelle

    • Remplace « Il/elle me fait sentir… » par « Je me sens ___ et j’ai besoin de ___ ».

    • Journal bref : 5 lignes/jour pour nommer émotion, besoin, action.

  2. Clarifier ses limites

    • Liste 3 non négociables (respect, temps seul, gestion du conflit).

    • Phrase prête : « Quand X arrive, je fais Y pour me protéger. »

  3. Demander (au lieu d’espérer deviner)

    • Demandes spécifiques et datées : « Peux-tu… d’ici… ? »

    • Remercier le geste, pas « l’intention supposée ».

  4. Construire son autonomie

    • Pilier corps (sommeil, mouvement, repas simples), pilier esprit (lecture, création), pilier lien (amis ressources).

    • Règle : aucun jour à zéro sur un pilier.

  5. Choisir la relation adulte

    • On parle à l’autre comme à un partenaire, pas comme à un sauveur.

    • On co-signe des solutions : « Qu’est-ce qui te va ? Qu’est-ce qui me va ? »

Conversations qui aident (exemples rapides)

  • Besoin : « Je me sens submergée le soir. J’aurais besoin de 30 minutes seule après le souper, puis on se retrouve. »

  • Conflit : « Mon intention est qu’on se comprenne. Je te propose 10 min chacun sans interruption, puis on décide d’une action. »

  • Empathie : « Je n’attends pas que tu me sauves, j’ai besoin que tu me voies et que tu restes près. »

D drapeaux rouges (à ne pas ignorer)

  • Quelqu’un qui prend le contrôle « pour t’aider ».

  • Qui minimise ce que tu ressens (« t’exagères »).

  • Qui conditionne l’amour à ta dépendance.

Ce que j’ai appris (et que Maxime a dit à notre mariage)

La beauté d’un couple, ce n’est pas un sauveur et une personne à sauver. Ce sont deux personnes complètes qui choisissent d’avancer ensemble — lucides, responsables, libres.

Conclusion

Personne ne va te sauver… et c’est une excellente nouvelle : tu reprends le volant. L’amour, alors, n’est plus une bouée, mais une force d’appui. Tu n’attends plus un héros : tu deviens la version de toi qui se relève — et qui aime depuis cet endroit solide.

Crédit photo : Mariage — août 2023