J-06 vers mes 40 ans

Introduction

On croit souvent que ce sont les événements qui nous façonnent : obstacles, ruptures, réussites. Avec le temps, j’ai compris que l’empreinte la plus forte ne vient pas de ce qui arrive… mais de la manière dont on se perçoit à travers ce qui arrive.

Le rôle décisif du regard intérieur

  • Une même situation difficile peut devenir fin de l’histoire… ou départ d’un chapitre.

  • Un rejet peut être condamnation… ou redirection.

  • Un échec peut figer… ou fonder.

La réalité est la même. Ce qui change tout, c’est ton regard.

Le vieux filtre qui rapetisse

On se parle souvent avec dureté. On minimise nos forces, on confond émotions et faiblesse, on se croit « en retard ». Souvent, on regarde nos vies à travers de vieux filtres : une phrase d’enfance, une comparaison jamais digérée, un moment où on n’a pas été choisi·e.


Ce n’est pas le passé qui bloque, c’est la perception qu’on en garde.

Ce que l’ultra m’a appris sur la perception

On me demande : « Courir 200 miles, ça fait mal ? » Oui… mais je ne perçois pas la douleur comme un mur. Je la vois comme un passage. Dans un ultra, la douleur arrive toujours ; ce qui change, c’est la signification que tu lui donnes.
La vie fonctionne pareil : ta perception peut transformer une colline en montagne, ou une montagne en chemin.

Reprogrammer son regard (outils concrets)

1) Du jugement à la description

Remplace « Je suis nul·le » par :

  • Fait : « J’ai remis ce dossier deux fois. »

  • Option : « Cette semaine, je le traite 20 min par jour. »

2) Re-cadrage immédiat

  • Échec → Fondation : « Qu’est-ce que ça m’apprend pour la prochaine version ? »

  • Rejet → Redirection : « Où est l’espace qui me correspond mieux ? »

3) Micro-preuves quotidiennes

Chaque soir, note 3 preuves de progrès (même infimes) : un message envoyé, 10 minutes d’écriture, une limite dite. La perception suit les indices que tu lui donnes.

4) Langage d’identité

Passe de « Je dois être parfaite » à « Je deviens quelqu’un qui montre son travail chaque semaine ». L’identité guide les choix.

5) Hygiène d’attention

Moins de contenus qui comparent, plus de contenus qui enseignent ou élèvent. Ton fil alimente tes lunettes.

Questions-miroirs (à te poser aujourd’hui)

  1. Comment est-ce que je me perçois vraiment, en ce moment ?

  2. Quel vieux filtre influence encore mes décisions ? (phrase, souvenir, comparaison)

  3. Si je me parlais comme à une amie, qu’est-ce que je changerais dans mes mots… et dans mes choix ?

  4. Quelle version de moi je décide de nourrir cette semaine ? (étiquette d’identité + une action)

Mini-rituel « changer de lunettes » (5 minutes)

  • Inspire 4 secondes, expire 6 → calme le système.

  • Nommer : « Ce qui est là : ___ (émotion), c’est un signal. »

  • Re-cadrer : « Cette sensation est un passage. »

  • Agir 10 minutes sur ce qui compte (pas de téléphone).

  • Ancrer : écris une phrase de fierté réaliste.

Mantras à garder sous la main

  • « Ce n’est pas la sensation qui décide, c’est ma perception. »

  • « Je transforme mes montagnes en chemins. »

  • « Je choisis des lunettes qui m’agrandissent. »

  • « Love yourself — le reste suivra. »

Conclusion

Rien n’a plus d’impact sur ta vie que la manière dont tu te regardes. Change le regard, et l’horizon change avec. Vois tes cicatrices comme des preuves, ton histoire comme un terrain d’entraînement, et ton prochain pas comme un passage — pas un verdict.

Crédit photo : Vitrine du Magasin Général d’Hochlag (été)
Avertissement : les reflets peuvent être déformés par des idées socialement construites de la « beauté ». Choisis tes lunettes.